lundi 28 mai 2012

La tête d'affiche

A chaque fois que j'appelle un proche, qu'il soit de la famille ou un ami, pour échanger des nouvelles le premier sujet de conversation qui tombe sur la table, c'est ma maladie ! Même quand j'essaye de l'éviter, il arrive toujours en premier comme s'il fallait s'assurer que je ne vais tuer personne avant la fin de la conversation.

En réalité, je ne sais pas ce que les gens attendent de moi lorsque je dois leur parler de ma personne. Ma maladie est un sujet important mais j'aimerais qu'elle ne soit pas le seul. Il y a d'autres sujets possibles mais tous ne sont pas intéressant. Ou sont trop intimes comme lorsqu'il s'agit de mon couple. Et puis c'est vrai que ma santé mentale compte pour beaucoup dans mon état général et que si je vais bien dans ma tête, le reste suit, ce qui peut me faire rebondir sur d'autres sujets et donc me permettre de parler d'autre chose... la pompe est alors amorcée !

Le plus simple, reste quand-même de commencer une conversation téléphonique en envoyant la balle de son interlocuteur : non seulement cela permet de montrer que l'on s'intéresse à lui ou elle mais en plus cela donne plus de temps pour éviter d'en parler.

En fait, ça me gène de parler de ma maladie aux autres en dehors du cadre médical. Même quand c'est ma femme qui en parle à de la famille ou des proches pour leur donner des nouvelles de moi et constater triomphalement mes progrès. Par pudeur. J'aimerais être autre chose qu'un malade. Je le suis de temps en temps mais peut-être pas assez souvent. Pas assez souvent mais de plus en plus. Même si je resterai toujours malade et même si on ne guérit pas de la schizophrénie...

Simple question de hiérarchie : c'est plus valorisant de parler de ses loisirs avant de parler de la maladie que l'inverse. C'est du moins comme ça que je le perçois : comme une tête d'affiche...

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