jeudi 31 mars 2011

Romans

Pendant mes études d'Histoire, j'étais un gros lecteur : une année, j'ai calculé que j'avais lu pour mes loisirs (donc en plus de ceux nécessaires à mon travail) environ un livre par semaine ! Faut dire que dans ma chambre d'étudiant, je n'avais pas la télévision et que j'écoutais essentiellement des programmes musicaux à la radio. Ajoutez à cela le manque de distraction sur le campus et le besoin de m'évader pour décompresser de mes recherches et vous comprendrez pourquoi je lisais autant.

Ainsi, pour décompresser après un partiel, je suis partis dans une boulimie de lecture qui m'a fait avaler en 24h plus de 1000p (je ne me souviens pas du chiffre exacte) dans le fameux Sur la route de Jack Kérouac et deux Philip K. Dick !

Après mes études, j'ai continué de lire énormément. Mais avec la maladie, la donne a changé. Pas tout de suite, mais quand même. Au bout de quelques mois, j'ai commencé à connaître des problèmes de concentration, mais ça ne m'a pas empêché de lire un Tanizaki lors d'une hospitalisation en secteur ouvert. Quelques mois plus tard, je devais renoncer temporairement à la lecture des romans, mais pas de la presse quoique j'avais quelques difficultés à tout lire.

Toujours est-il, directement ou indirectement à cause de ma maladie, je connais depuis quelques années quelques longues phases sans lire de romans, entrecoupées de brèves éclaircies que j'espérais définitives où j'arrivais à lire un ou deux livres puis plus rien... La dernière fois où j'ai réussis à lire, c'était en août-septembre dernier. J'ai lu deux livres sur les quatre achetés, puis plus rien depuis décembre...

... Jusqu'à Mardi dernier : le soir, ne sachant trop quoi faire, je reprends un de ces livres de ma dernière volée et je me surprend à le lire facilement ! Dans la foulée, je le termine le lendemain et lis de dernier de la volée en entier (bons les deux ne faisaient que près de  200 pages, mais quand même) !

C'est une bonne nouvelle qui, je l'espère, va durer... Pris de court, je n'ai pas de nouveau livre à lire dans la foulée et étant à découvert, je n'avais pas les moyens de repartir en racheter un dans ma librairie. Après avoir tenté de relire le Cycle du A de Van Voight (celui qui a donné mon pseudo) je me suis rabattus sur les Pornographes de Nosaka, un classique. Mais après une dispute avec ma femme, elle a accepté de m'avancer de quoi me payer un livre neuf à moins de 10€ en attendant que je sois payé et de pouvoir l'intégrer dans mon budget livre du mois d'avril...

lundi 28 mars 2011

Dommage collatérale, suite

Tout à l'heure, en sortant de l'hôpital de jour, je suis tombé sur cet ancien camarade de l'autre hôpital que j'avais croisé la semaine dernière et qui m'avait donné l'occasion d'écrire un article sur ce blog. C'était une belle coïncidence que le retrouver là, mais pas tant que ça vu que mon hôpital de jour se trouve dans le même bâtiment qu'une clinique et le CMP. Mais ça tombait bien parce que j'avais envie de le revoir....

Si nous n'avons pas eu l'occasion de trop discuter, j'en ai quand-même profité pour lui donner ma carte afin qu'il me rappelle et me propose un rendez-vous pour se voir en ville.

Cependant, deux choses me chiffonnent : sur ma carte, figure en seconde position le n° de ma femme. Il ne le sait pas et elle n'est pas encore rentrée du travaille pour que je la prévienne, mais j'espère qu'il ne va pas l'appeler par erreur !
La seconde qui me chiffonne, c'est qu'il n'a pas lui-même de téléphone portable... mais alors, comment vais-je faire pour l'appeler à chaque minute de retard après l'heure fixée du rendez-vous ? -Je fais partie de cette espèce de gens qui commence à psychoter dès la première minute de retards et qui a envie ensuite de harceler ces personnes jusqu'à ce qu'ils arrivent... (on ne se refait pas !)

samedi 26 mars 2011

Expertise médicale

Bon, ben voila, hier je suis allé à l'expertise médicale de la MDPH dans le cadre du renouvellement de mon AAH. L'entretient n'a même pas dure dix minutes. La psy m'a posé quelques questions tout en lisant mon dossier, me laissant peu de place pour argumenter sur mon ressentis. Sensation étrange à laquelle je m'attendais parce que depuis la première expertise, je savais que dans ce type d'entretiens les psys font tout pour le pas être menés en bateau par les patients qui voudraient passer pour plus malade qu'ils ne sont.

J'ai donc dit ce que j'ai pu dire mais je suis incapable de vous dire quel taux elle m'a accordé. C'est le flou total entre le maintient à 60% ou les 80% qui ouvrent au complément d'autonomie. Faut dire qu'elle l'a dit en marmonnant, mais je suppose aussi que c'est parce que je suis pris entre deux tendances contradictoires où dans l'une, je voudrais bénéficier du complément d'autonomie pour des raisons financières, mais qu'en même temps, avoir un taux inférieur aux 80% nécessaire pour l'obtenir signifie que j'irais dans une dynamique de mieux aller grâce à un meilleur suivi médical !

En fait, je ne sais pas de quoi me réjouir le plus : avoir 80% de handicap et obtenir une augmentation, la seule que je puisse revendiquer dans l'état actuel des choses, ou ne pas les avoir et valider le fait que j'aille mieux que l'année dernière, époque où l'on me disait que je les valais...

Je dois reconnaître qu'il y a un côté malsain à vouloir revendiquer un taux de handicap principalement pour des raisons financières et fiscales, mais si l'AAH était mieux valorisée, je n'aurais pas ces revendications. En même temps, en ces temps de précarisations du travail et de l'aide sociale qui ne réagirait pas comme moi ?

mercredi 23 mars 2011

Il n'y aurait donc personne pour lui rendre justice ?

Ma sœur vient de m'envoyer le lien vers l'article du correspondant local du quotidien régional où vit ma famille et je suis terrassé ! Je savais que les correspondant locaux n'étaient pas recrutés sur concours comme l'X, mais quand même, un minimum de savoir faire devrait être exigible de leur part !

Bon, passons sur la photo en illustration : une erreur de PAO la tronque dans sa presque totalité, ne laissant apparaître que ma mère (qui ne cache pas son ambivalence avec elle, désirant à la fois la supprimer mais se refusant à l'envoyer dans un mouroir de maison de retraite) et mon frère (mal rasé).

Par contre, ce qui est impardonnable, c'est le texte de l'article ! Il est si mal écrit que même moi je n'aurais osé publier un tel papier. Ou alors il était perturbé en prenant ses notes. Faut dire que ce correspondant a une formation de peintre, pas de journaliste, ce qui explique sans doute qu'il ait mieux réussi l'article de mon exposition dans le village voisin il y a quelques années...

N'empêche, il y a quelque chose de rageant : ma Grand-Mère avait déjà été massacrée par une précédente correspondante de ce canard !

Il n'y aurait donc personne pour lui rendre justice ?

mardi 22 mars 2011

Vendrdi 18 mars 2011

Vendredi 18 mars 2011
Réveillé par le chien. En profite pour allumer la radio et tombe sur un sujet très intéressant sur la catastrophe japonaise vu par la presse locale et étrangère. Trouve le temps de m'occuper du journal dans la matinée puis de promener le chien. L'après midi, après avoir un peu comaté sur le lit avec la radio dans le bureau ressors pour faire une première série de poses longues avec le 5DII. Résultat assez intéressant. La priorité vitesse marche contrairement à l'A-100, mais l'AF piétine encore un peu, ce qui m'oblige parfois à le débrayer. Ramène un peu plus de 80 prises de vue, mais n'en sélectionne que moins de 20, mais qui, réflexions faites, auraient pu être réduites à moins. Articles sur mon blog. Épuisé, me couche tôt.

Dommage collatérale

Tout à l'heure, en rentrant chez moi d'un rendez-vous qui avait finalement été reporté au dernier moment, j'ai croisé à la terrasse d'un bar un patient de mon ancien hôpital de jour. Au bout d'un moment, il me propose de m'assoir prendre un verre avec lui mais j'ai refusé prétextant que ma femme m'attendait pour manger et que je voulais lui remettre son courrier du jour dont une carte d'anniversaire pour demain.

En fait, si j'ai refusé, c'était plutôt parce que j'avais besoin d'être dans ma bulle et écoutant les actualités chaudes du moment mais je regrette maintenant de ne pas avoir accepté ou de lui avoir donné ma carte pour qu'on se recontacte plus tard.

C'est vrai qu'il avait raison lorsqu'il disait pour me retenir qu'on ne se reverrait plus ! Mais c'était justement un acte manqué comme si j'avais fait une croix définitive sur mon ancien hôpital de jour et je ne voulais plus de contacts avec quiconque me le rappellerait... C'est dont un dommage collatérale.

J'ai besoin de ne plus penser à ma maladie pour pouvoir aller de l'avant et me faire tirer vers le haut par des personnes qui ne le sont pas. Il n'empêche, je crois que celui-ci, je vais le regretter finalement même si nous n'avions pas grand chose en commun. Mais on a tous besoin de personnes différentes dans notre entourage...
De toute façon, nous n'aurions pas dû nous croiser aujourd'hui, ce n'était qu'un accident ! Même ces raisons n'arrivent pas à atténuer mes regrets...

dimanche 20 mars 2011

Retrouvailles, bilan :

Finalement les retrouvailles se sont bien passées. Ma belle-mère est arrivée vers midi. Elle avait déjà mangé, de même que ma femme. Mais pas moi...
J'en ai profité pour lui voler quelques clichés avant de ranger mon appareil photo. Devant le temps incertains, je l'ai laissé à l'appartement puis nous sommes partis à la maison que nous voulons acheter. Nous sommes partis en avance pour lui montrer l'extérieur qui l'a conquis. J'en ai profité pour prendre des photos avec mon iPhone mais je n'ai pas cherché à en faire à l'intérieur convaincu de la médiocrité du résultat. D'ailleurs, à propos de l'intérieur, on a failli ne pas pouvoir le voir : l'agent immobilier qui devait venir nous le montrer avait encore foiré et il a fallu qu'H. demande au voisin, le frère de l'ancienne propriétaire la clef de la maison.

Visite faite, ma belle-mère nous a déconseillé de refaire tout le carrelage, le contre l'emportant sur le pour. Par contre, elle est d'accord sur les murs et l'aménagement des pièces où tout tient. La priorité est à donner à l'isolation. Mais comme mon beau père voit que son ex-femme est prête financer une grosse partie de la maison, il cherche  à trouver plein de prétexte pour ne pas fournir sa part, arguant par exemple qu'il veut se payer des voyages avant d'aller en maison de retraite, se croyant en fin de vie alors qu'il n'a pas encore 70ans...

Pour en revenir à ma belle mère, ça s'est donc bien passé. Cela lui a permis d'avoir les idées plus claires quant à la maison comme je le suggérais plus haut, mais aussi de nous revoir après 3 ans de brouille. Elle m'a trouvé mieux et les animaux égaux à eux-mêmes. Ce matin, elle nous envoyé un mail gentil dans ce sens. Mais ma femme hésite toujours à renouer formellement avec elle, refusant d'être prise en photo avec elle, le problème étant qu'elle ne peut pas se payer le luxe de se brouiller avec elle ou son père à cause de la maison...

vendredi 18 mars 2011

Retrouvailles

Demains, pour la première fois depuis notre brouille, nous reverrons ma belle-mère. S'il n'y avait pas en jeux le financement de notre futur maison, ma femme n'aurait jamais repris contact avec elle en décembre dernier. Mais la fin justifiant les moyens, ma femme s'est sentie obligée de rétablir les relations diplomatiques avec sa mère...

C'est ainsi qu'elle va visiter avec nous la maison que nous envisageons d'acheter afin qu'elle se rende mieux compte de la situation et mieux évaluer les éventuels travaux qu'on pourrait y faire pour les financer...

Rien de bien grave en sois, mais avec elles, on peut s'attendre à tout, y compris un éventuel nouveau clash auquel je ne crois pas trop. Elles ont trop besoin l'une de l'autre, que ce soit pour exister en tant que mère ou devenir propriétaire, ce que nos revenus ne permettent pas...

Mais c'est vrai que lorsque je les entends se parler au téléphone, je trouve qu'elles ont beaucoup de mal à accorder leurs violons. Je me dis donc que des relations normales ne sont pas pour demain !

mardi 15 mars 2011

Dimanche 10 février 2008

Dimanche 10 février 2008
Levé motivé pour aller voir un film l'après midi au cinéma, motivation qui retombe lorsque je vois sa durée : je ne suis pas capable de rester concentré sans bouger de mon fauteuil pendant 2h30 pour un film qui est marginal par rapport à mes centres d'intérêts. Me rattrape sur un autre film le soir à la tv que je regarde d'un œil distrait. J'ai parfois l'impression de perdre le fil de l'histoire malgré mes efforts.
Je suis de mauvaise humeur 1) parce que H se fait sa petite cuisine toute seule dans son coin et sans me prévenir alors que j'aimerais qu'on mange en même temps, ce qui est impossible parce qu'elle a toujours faim plus tôt que moi. 2) parce que j'ai pris du retard dans la lecture de mon Courrier International et que j'ai peur de ne pas pouvoir le finir dans les temps, ce qui n'est pas non plus étranger au fait que j'ai renoncé à aller voir mon film au cinéma. Mais après avoir avancé dans ma lecture, je me radoucis et accepte de faire une bonne petite ballade dans les rues de Bordeaux avec Hélène et le chien. Ça va mieux. Le soir, je vais chercher un médicament pour soigner la migraine d'H. Ça ne m'amuse pas mais je suis bien obligé de le faire sinon, je ne serais pas un bon mari...
Déréalisation et le soleil me déprime.


Dommage que je ne donne pas le titre du film dans cet extrait. Mais c'est un fait que depuis que je suis malade ma capacité de concentration à beaucoup diminué. Ainsi, j'ai beaucoup plus de mal à suivre un programme en VOSTF qu'avant !

Jeudi 14 février 2008

Jeudi 14 février 2008
Rêve que j'essaye de pleurer la mort de mon grand père mais je n'y arrive qu'au retour de ma mère qui me comprend alors que les autres sont indifférents. J'aimais beaucoup mon grand père mais j'ai toujours regretté qu'il soit devenu sénile au moment de mon adolescence et de ne pas avoir pu profiter de sa pleine santé enfant aussi longtemps. Dans nos disputes avec mon père, ma mère était la seule à me comprendre. Mais surtout, j'ai ma grand mère sénile, proche de la mort et avec elle, c'est toute une génération qui s'éteindra. Et puis il y a mes parents qui ont des problèmes de santé, que je sens fragiles et je me fait des délires portant sur leur mort par exemple un AVC.
Je me sens très fatigué le matin mais ça va mieux après la réunion d’adhérents au bistrot associatif pour plusieurs raisons possibles...
Pour la St Valentin, j'achète des fleurs qui lui font très plaisir et nous allons au resto. Très bien !

L'angoisse du matin

Comme chaque matin je me lève parce qu'il faut bien le faire, déprimé, sans motivation, avec la peur d'affronter le monde réel, angoissé par tout ce que j'ai à faire dans la journée, la peur du vide. C'est comme si chaque nouvelle action était une douleur, mais j'essaye de les faire à mon rythme et quand je réussis à avancer un projet (par exemple des courses ou de l'édition de photos) j'ai la satisfaction du travail accompli. C'est en général pour ça que je suis mieux le soir.

Le problème, c'est que je pourrais prendre plus d'anxiolithiques pour calmer mes angoisses, mais outre le danger réel de la dépendance, une plus forte dose risquerait de m'assommer, me transformer en zombie et m'entraverait dont dans la poursuite de mes projets, que ce soit en matière de photo ou de lecture... Dilemme pas très heureux !

dimanche 13 mars 2011

Dimanche

Demain dès l'aube
Imitant un célèbre poète je
M'étourdirai sous une pluie céleste
Aucune forces
Ne pourra me contrarier
Comme un faon invincible
Héritier d'une longue dynastie
Entre ma chérie dans ce royaume...

Oui, bon c'est nul, mais je m'amuse bien en écrivant ces acrostiches et ça m'entraîne pour l'atelier d'écriture de demain. Et puis que voulez-vous écrire avec tout ce qui se passe en Libye et au Japon ?

samedi 12 mars 2011

Accrostiche 01

Pourquoi n'es-tu pas venu
Rire avec moi dans ma chambre
Interdit de sortir
Ne repars pas dans cet univers
Tellement étendu
Entre nos oreilles écarquillées
Mon sourire est si précieux
Pense à moi
Si loin de toi

mardi 8 mars 2011

Texte sur ma relation à la mort

Bonjour,

Je vous livre ici in extenso un texte que j'ai écrit en novembre 2009 à l'intention du personnel soignant de l'Hôpital de Jour de l'époque, à F. :



Je suis né dans une maison où il y avait autant de personnes âgées que d'enfant, en plus de mes parents. J'ai toujours connu ma Tante G. dans son fauteuil roulant et susceptible de mourir dans la semaine qui venait. Elle est morte en 1991 dans son lit vers 20h un vendredi, le 2 février. J'avais presque 11ans . C'était la sœur ainée de ma Grand-Mère paternelle, qui possédait la maison familiale avec mon Grand-Père. Ma Tante G. a pratiquement toujours été malade, ne s'est jamais mariée et a toujours vécu dans la famille.

J'ai assisté à son enterrement, très émouvant, mais ce n'était pas mon premier. En effet, à l'âge de 7ans, j'étais allé à Paris à celui d'un frère de mon Grand-Père paternel, grand oncle que je n'avais pratiquement jamais connu mais cet événement ne m'a pas trop choqué parce que j'étais trop jeune et que dans cette branche de la famille les enterrements sont « heureux ». D'autre part, ce voyage durant les vacances scolaires d'été était plus une prétexte pour nous donner l'occasion à mon grand frère et moi de de faire un voyage et de voir de la famille que rendre hommage comme mon Grand-Père à son frère.

Après la mort de ma Tante G., nous avons eu quelques années de répit. Mes Grands-Parents ont fêté leurs noces d'or et les 90 ans de mon Grand-Père en 1994. C'était notre dernière grande réunion de famille avant le déclin de ce dernier. Il a commencé à décliner lentement avec la maladie de Parkinson, ainsi que d'autre symptômes de sénilité qui l'ont mené petit à petit dans un lit médicalisé dans sa chambre qu'il n'a plus quitté les trois dernières années de sa vie. Il n'était pas beau à voir et sa mort tranquillement, sans dernières souffrance, est venue comme soulagement pour lui et nous tous. C'était en 1999. Je ne me souviens plus des obsèques proprement dites mais je me souviens que c'est à cette occasion qu'une cousine de mon père avait fait la remarque sur les enterrements joyeux dans la famille parce que c'était l'occasion de se revoir et de se retrouver ensemble.
Plus tard, ma mère devait faire la remarque à une cousine qui habitait l'autre extrémité des L., donc pas trop loin par rapport au reste de la famille qu'elle aimerait les voir à d'autres occasions que lors d'enterrement... un an plus tard, cette cousine mourrait vers les 65 ans d'un cancer sans qu'on n'ai eu l'occasion de la revoir avant. Cette anecdote m'a beaucoup marqué.

Entretemps, mon Grand-Père maternel est mort au milieu des années 90' je ne m'en souviens plus précisément, ni de l'année (j'étais au collège) ni de son âge. Là aussi, j'ai bien encaissé sa mort, d'autant plus qu'il est mort plus vite que les autres mais tout en déclinant pendant les quelques mois qui ont précédé sa fin. Ils vivaient en D., on les voyait régulièrement mais je ne me sentais pas d'affinités avec cette branche de la famille à tel point que j'étais brouillé avec ma tante et ma Grand-Mère maternelle lorsque cette dernière est morte au début des années 2000 dans un état de sénilité très avancé depuis leur déménagement un ou deux ans auparavant pour se rapprocher de ma tante, elle et mon oncle handicapé n'étant plus autonomes. Je ne suis donc pas allé à son enterrement.

H. est moi nous sommes mariés en décembre 2006. C'est la dernière grande réunion de famille à laquelle ait participé ma Grand-Mère, donc mon dernier Grand-Parent, à l'âge de 95 ans puis elle a commencé à cumuler les petits ennuis de santé. C'est ainsi qu'elle a finit par être elle aussi équipée d'un lit médicalisé, mais contrairement à mon Grand-Père, elle s'accrochait à la vie pour essayer de marcher un tout petit peu avec l'aide d'un déambulateur et son fauteuil roulant derrière au cas où elle ne pourrait pas continuer. Mais depuis peu, de nouveaux problèmes respiratoires l'ont obligé à renoncer à cet exercice et il n'est pas sûr qu'elle atteigne ses 99 ans en février prochain.


Je crains la mort de ma Grand-Mère parce que dans ma famille, c'est l'ancêtre, le plus vieux représentant de ma famille et le dernier de tout une génération qui est née avant la seconde Guerre Mondiale, un témoins important du passé dont je n'ai pas vraiment pu profité avec les autres. C'est aussi la Matriarche, celle qui possède la maison familiale dans laquelle j'ai grandis et le lien avec le reste la famille, en particulier mon oncle, son autre fils qui vit en région parisienne.

J'ai donc toujours vécu avec la possibilité qu'un proche puisse mourir à brève échéance. Cet état de fait a fini par me ruiner sans que je m'en rende compte. Cela a d'abord commencé par l'idée délirante que je devais me marier pour accomplir un destin, celui de la mort d'H. ou la mienne. C'était aussi une façon de me projeter dans l'avenir avec d'autres femmes qu'elle parce que j'ai toujours regretté de ne pas en avoir connu avant elle et que je l'aime trop pour me séparer d'elle et divorcer, même en ayant une maitresse. La seule façon de me débarrasser d'elle dans ma vie imaginaire sans la remettre en cause était donc de la faire mourir. Mais ce n'était pas du désamour, juste un jeux de scénario dans lequel chaque personne n'est qu'une marionnette. De toute façon, je ne fais jamais intervenir mes proches dans ma vie imaginaire : aucuns parents actifs. Tous morts ou n'ont jamais existé...

J'ai dû avoir mes premières idées suicidaires à la fin du collège et au début du lycée. Rien de grave, juste un passage difficile, le syndrôme du homard à l'adolescence, la difficulté à surmonter le changement déjà, un sentiment d'impasse parfois. Elles ont commencé à devenir sérieuse à la fin de mon année spéciale d'IUT des métiers du livre à B., deux ans après ma maîtrise d'Histoire et mes premières alertes de dépression. Ma capacité de travail avait décliné progressivement au point de rendre la rédaction de mon mémoire de fin d'année très difficile. Je commençais à être malade mais je ne me rendais pas compte. C'est ainsi que mes correcteurs à la soutenance de ce mémoire m'ont littéralement assassiné ce qui a déclenché une grave dépression et si H. n'avait pas été là, j'aurais sans doute mis à exécution mes idées suicidaires.

En mars 2005, je me sens trop mal pour continuer comme ça. Ma conseillère à l'emploi m'emmène aux urgences psy de ma ville qui me trouvent une place dans un service spécialisé dans les troubles bipolaires. J'y reste trois semaines. Je vais mieux mais je garde toujours en filigrane des pensées suicidaires sans jamais les mettre à exécution. Il faut attendre mon séjour chez mes parents au moment du déménagement à L. pour que je me décide à passer à l'acte. C'est le 31 juillet 2009. Je prends un couteau à steaks dans la cuisine et m'éloigne dans les champs pour m'ouvrir les veines mais je n'y arrive pas. Comprenant que cette tentative est ratée, je décroche le téléphone qui sonne : c'est H. qui m'appelle depuis la maison parce qu'elle s'inquiète et je décide de jouer le jeux et de revenir. Bref passage aux urgences, la psy de service refuse de m'hospitaliser mais me conseil de passer la période de transition dans ma famille.

Je ne sais pas à quand ça remonte, mais depuis longtemps je ressens des pulsions de mort, ou plus précisément de suicide. C'est par exemple l'envie de me jeter sous les roues d'un métro à Paris, d'un tramway ou d'un train à B. ou d'un point en hauteur comme le château de B(...), la tour P. B. à B. ou des falaises comme lors de la randonnée au moulin du Saut avec l'Hôpital de Jour. C'est aussi le fantasme de m'ouvrir les veines à avec un couteau bien tranchant comme ceux pour le pain, y compris dans la cuisine de l'HdJ...

Au début de l'année 2009, a commencé à apparaître une petite voix intérieure mais peu contrôlée qui m'annonçait ma mort. Elle a finit par s'intensifier jusqu'à devenir obsédante. Progressivement, elle s'est étendue à d'autres personnes, des proches pour la plupart. Ces fantasme de mort ne datent pas d'hier. Plus jeune lorsque ma famille allait voir ma tante et ma Grand-Mère maternelle avec lesquelles j'étais brouillé et que je gardais ma Grand-Mère paternelle, je fantasmais déjà leur mort dans un accident de voiture. Je la fantasmais parce que j'avais envie de changer de vie et que je ne voyais pas d'autre moyens de le faire qu'en les « tuant ». Maintenant que je suis avec Hélène et que je l'ai fait, ce n'est plus un problème et je la crains surtout, comme pour ma Grand-Mère.


J'ai toujours été obsédé par l'idée de perdre un bout de moi même. C'est pour ça que j'archive consciencieusement mes vieilles revues et objets personnels. Je garde les vieux objets comme des reliques et vit dans la terreur d'un crash de disque dur de mon ordinateur comme cela à failli arriver sur mon premier ordinateur. C'est pour ça que je multiplie toujours les sauvegardes de mes données personnelles les plus importantes. La crainte de la mort en est le prolongement : j'ai peur de perdre mes proches, de ne pas en avoir assez profité et de les voir partir trop tôt. C'est pour ça que je tiens tant à fêter Noël en famille. C'est encore plus vrai depuis que je suis installé à L.

Voila. Depuis, ma Grand Mère a fêté ses 100ans et toujours pas disposée à mourir mais je fantasme toujours sur la mort...

dimanche 6 mars 2011

Retour sur l'article précédent

Si dans mon article précédent j'ai parlé d'un gouffre entre mon premier extrait de journal et le dernier, c'est pour une raison bien simple : à l'époque du premier, j'habite encore une grande métropole du sud ouest où je suis suivi par une psychiatre libérale alors que dans le dernier j'ai émigré dans une petite ville entre les Pyrénées et le Massif Central où je suis suivi dans le secteur publique.

Entre les deux, il y a aussi une différence fondamentale, c'est que je faisais lire par ma psy libérale mon journal à chaque séances, habitude que j'ai abandonné avec mon arrivée dans le publique. Le premier avait un lecteur ciblé, une professionnelle de santé, ce qui explique un style plus télégraphique et moins soigné que dans le second. En quittant ma psy, j'ai continué mon journal pour moi-même et je me suis finalement ouvert progressivement à de nouveaux aspects de ma vie pour en faire un véritable journal intime alors qu'à l'origine il ne devait servir que d'aide mémoire à mes séances psy.

Il s'est donc passé entre les deux une sorte d'émancipation de l'écrit assez importante dont l'aboutissement est ce blog à la recherche d'absolu littéraire.

samedi 5 mars 2011

Journal intime : premiers extraits...

Voici pour commencer ma série sur les extraits de mon journal celui qui inaugure ce dernier :


Jeudi 4 octobre 2007
Fatigué. Levé par le téléphone. Rêves dont je ne me souviens pas. Dépersonnalisation. Difficultés à manger. Prostré sur le lit.
Pendant tout le chemin de retour de chez ma psy ai l'impression d'entendre la sonnerie de mon téléphone dédié au téléphone d'H (ma femme). Déprimé, ne lis pas le Courrier International : trop déprimant. Me sens vide parce que j'ai l'impression qu'on est à la limite des capacités de mon traitement.

Et pour comparer, le dernier mis sur l'ordinateur :

Jeudi 3 mars 2011
Levé déprimé. H. ma femme) me téléphone le matin depuis son travail pour me faire part de ses états d'âme au sujet de sa mère qu'elle voit perdre les pédales. Mets la radio avant de me lever. Retrouve l'adresse de Féliforum qui avait changé d'adresse. Promène le chien puis part manger un kébab en centre ville. Toujours déprimé. Mets la radio. Survole le Télérama, lis les Inrocks. Hélène me propose d'aller au restaurant pour me remonter le moral mais ils sont fermés. Éventuellement demain...
Cogite un peu le soir autour de mon envie d'ouvrir un blog de textes uniquement, tandis qu'Hélène me fait des concessions pour l'ordinateur mais je veux aller plus loin, c'est à dire qu'on ait chacun le sien.

Je ne sais pas si la différence est flagrante pour vous mais entre ces deux extraits distants de plus de trois ans il y a comme un gouffre que je vais essayer de vous faire appréhender au fur et à mesure de mes prochains articles en vous donnant d'autres extraits pris au hasard et indépendamment de la chronologie ...

L'étranger dans le miroir

Bonjour à mes lecteurs,

Vous venez d'entrer dans mon nouveau blog destiné à faire vivre mes écrits, que ce soient des extraits de mon journal intime ou des des textes originaux qui n'ont pas leur place dans ce dernier, ainsi que sur ma maladie.

En effet, ce blog a aussi pour but de pouvoir parler de mon vécu en tant que malade mental. Je suis diagnostiqué schizoaffectif, un mélange de schizophrénie et de troubles de l'humeur. C'est le type de maladie honteuse dont il est difficile de parler en public à visage découvert à cause des a priori qu'ont les gens sur la maladie mentale. C'est ainsi que vous ne verrez pas ici mes photos qui font l'objet d'un site dédié mais que je ne veux pas associer à ma maladie de peur que cela ne me porte tort.

J'ai appelé ce blog "l'étranger dans le miroir" parce que depuis tout petit j'ai du mal à me reconnaître dans les miroir. J'ai tendance à me sourire comme à un inconnu tout en étant aussi intimidé par cet étranger. Il paraît que c'est un symptôme de la schizophrénie... Riorim, c'est l'inverse de Miroir, tiré d'une vieille lecture dans la presse enfantine, digne d'un exercice d'atelier d'écriture. Gosseyn, c'est le nom du héros d'un série du cycle culte de Science Fiction du A de A.E. Van Voght. Ceux qui comprennent l'anglais comprendront aisément pourquoi j'ai choisis ce pseudo...

Voila pour ce petit début !