mercredi 16 mai 2012

Convertir les photos du centre

Pour être franc, la petite soirée d'hier m'a ébranlé plus que de raison, mais pas exactement pour les raisons qui ont poussé mes amis photographes à me donner leurs conseils. Je dirais en fait que j'ai été ébranlé dans un sens parallèle au leur.

Ce qu'ils voulaient me faire comprendre avant tout, c'est que je devais être plus rigoureux dans mes sélections de photos que je destinais à DarQroom. DarQroom, ce n'est pas FaceBook. Sur FaceBook, on peut mettre le tout venant, par sur DarQroom. DarQroom, c'est une galerie en ligne où les amateurs viennent voir de belles photos et éventuellement acheter celles qui leur plaisent le plus. Il y a donc une exigence de qualité où le sentimental n'a pas sa place : ce n'est pas parce que j'aime mon chien que je suis obligé d'y mettre une photo de lui, surtout si elle est ratée ! Si on insère une photo ratée dans sa sélection, elle déprécie l'ensemble de la série dans laquelle elle s'inscrit, et s'il y en a trop, c'est l'auteur qui perd sa crédibilité, avec le risque que le spectateur quitte le portfolio avant d'arriver aux meilleures qui deviennent invisible ou au mieux un coup de chance au milieu d'un naufrage inévitable...

Ça, c'est l'enseignement des autres membres de l'association. Ce que j'en ai retenus, ce n'est pourtant pas qu'il faille être plus drastique dans ses sélections destinées à la publication, quitte à en publier moins, mais plutôt comment réduire le déchet, c'est à dire comment tirer une sélection par le haut en faisant en sorte qu'un plus grand nombre se détache du lot et fassent l'unanimité. C'est là tout l'enjeu de mes réflexions du jour, pendant que je commençait nerveusement l’écrémage de ma galerie DQ avant de me mettre à lire ma presse hebdomadaire du mercredi.

Il faut en effet comprendre que je ne cherche pas à réduire le nombre des photos ratées, mais plutôt à augmenter le nombre de celles qui sont indiscutablement réussies. Il y a là une nuance importante parce qu'une photo qui n'est pas ratée, n'est pas automatiquement une bonne : elle peut être au milieu. Or, ce sont justement ces voix du centre, que je cherche à convertir, parce que comme chacun sait, une élection se joue toujours au centre, n'en déplaise à M. Sarkozy et Mme Le Pen... C'est donc le nombre de photos médiocres, "qui pourraient être bonnes mais ne le sont pas" à cause d'un ou plusieurs éléments perturbateurs que je cherche à améliorer !

Et ce n'est pas le plus facile ! Parce que rater une photo, tout le monde sait le faire. Une bonne s'impose toujours d'elle même, et de préférence grâce au hasard. Mais faire une bonne à partir d'éléments qui prédestinent une photo à être moyenne, là, il faut un certain talent que tout le monde n'a pas. C'est justement ce talent que je cherche à acquérir en étant plus rigoureux dans mon travail photographique, quitte à m'inspirer de théoriciens comme Michael Freeman, ou de grands critiques comme John Szarkowski...

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