jeudi 28 juillet 2011

28 juillet 2011, état des lieux

Je crois qu'avec les travaux dans la nouvelle maison et le stress du déménagement j'ai moins la tête à écrire, que ce soit dans mon journal ou sur ce blog. Aussi me fais-je plus rare... et c'est bien dommage. L'écriture est un bon exutoire pour le musicien frustré que je suis et comme je suis tout le temps pris par d'autres choses plus ou moins imposées par les circonstances, j'ai du mal à trouver la tranquillité pour écrire.

Je me rends compte aussi que j'ai bien besoin d'un entretien psy ou infirmier toutes les semaines pour évacuer le trop plein, sinon, je vais mal. J'ai donc hâte de voir l'infirmière du CMP demain en attendant la psychologue la semaine prochaine. D'ailleurs, j'ai même envie de court-circuiter l'hôpital de jour et de ne passer que par des entretiens infirmiers du cmp et psy parce que celui-ci me gonfle. J'en ai un ras le bol général, un peu comme l'autre ex-patiente croisée l'autre jour en ville, mais en moins radical qu'elle : elle rejette tout en bloc, alors que moi, ce n'est que les hôpitaux de jour.

vendredi 22 juillet 2011

Propriétaires !

Hier, nous avons enfin signé l'acte d'achat de notre nouvelle maison, au bout d'un marathon de six bons mois. C'est en effet au mois de février que nous l'avons visitée pour la première fois et que nous avons fait notre offre d'achat. Comme le vendeur était constitué par un groupe d'héritiers de la précédente propriétaire, la préparation des actes du notaire a pris plus de temps que prévu, mais on arrive quand même dans les temps, ce qui nous permet de déménager avant la rentrée.

En fait, j'ai beaucoup du mal à réaliser le cap que je viens de franchir, beaucoup moins que ma femme. En fait, c'est qu'en voyant les réactions des autres, cousins, proches ou même psychologue et infirmiers que je me rend compte que c'est un aboutissement et un rêve pour beaucoup. Moi, je n'ai jamais été élevé dans l'idée que devenir propriétaire pouvait constituer une fin en sois !

La maison est située dans un quartier un peu à l'écart, coincé entre deux lotissements huppés, sur d'anciennes terres avec de nombreux vestiges de bâtiments agricoles, mais à portée de pieds du centre ville, rien de bien plus méchant que de faire la rue Ste Catherine à Bordeaux, pour ceux qui connaissent, ce qui fait le compromis idéal entre campagne et ville... que du bonheur !

Bon, je vois que j'ai toujours des problèmes de concentration pour écrire, alors je m'arrête.

A bientôt !

vendredi 15 juillet 2011

Chez l'infirmier cadre...

Ce matin, suite aux inquiétudes de ma femme à mon sujet, je me suis rendu avec elle chez l'infirmier cadre de mon cmp.

"L'infimier cadre" est comme son nom l'indique un infirmier ayant un statut de cadre, c'est à dire plus concrètement qu'il a une fonction de supérieur hiérarchique des autres infirmiers de son secteur, donc du CMP et des structures qui en dépendent, dont les hôpitaux de jour. Celui-ci, c'est la seconde fois que je vais à un entretient chez lui, la première étant à l'occasion de mon changement d'hôpital de jour, parce que je me sentais très mal dans le premier, et je crois que l'opération a été un gros succès !

Donc, ce matin, je suis allé le voir. La raison n'était pas liée directement au cmp mais plutôt au déménagement. Depuis que les choses se sont mises à se préciser pour la maison, j'ai basculé dans un profond malêtre allant jusqu'à des idées suicidaires dont je crois avoir déjà parlé ici dans mes derniers articles. L'infirmier cadre n'a pas voulu me laisser la voie de la facilité comme après ma TS et m'a demandé de rester avec ma femme jusqu'au déménagement pour la soutenir et ne pas fuir mes responsabilités. Si j'ai tenu l'année dernière, je devrais en être capable cette année aussi. Dont acte. Finalement, je me sens mieux ce soir après l'avoir vu. Il veut me revoir lundi, avant ou après l'atelier écriture.

Il en a profité pour lancer l'idée d'essayer de travailler en CAT. Je ne suis pas contre mais je ne garantis pas de tenir toute la journée, au moins au début. Mais on peut toujours tenter pour voir ! De toute façon, ce n'est pas pour tout de suite, on a le temps pour voir. Mais ce serait une si belle victoire, après être devenu propriétaire de travailler !

mardi 12 juillet 2011

Coup de barre

Mes chers lecteurs, bonsoir !

Autant vous le dire tout de suite, depuis samedi dernier, je vais plutôt mal, mais je crois que ce soir je commence à aller mieux. En effet, samedi, j'ai eu un gros coup de déprime avec des pensées suicidaires qui se sont poursuivies jusqu'à aujourd'hui. Dimanche, j'ai contrarié ma femme en refusant de l'accompagner à notre nouvelle maison pour la montrer à un artisan parce que je me sentais trop mal et que je voulais rester au calme. Lundi, j'ai complètement bloqué à l'atelier écriture et sa responsable m'a proposé d'aller voir l'infirmière de garde pour un entretien infirmier pour essayer de discuter. Je dois avouer que je n'ai pas beaucoup avancé avec elle même si ça m'a fait un peu de bien de pouvoir m'épancher un peu alors que celle qui me connait le mieux, ma psychologue, est en vacances...

Mais ce soir, je viens de faire une percée importante dans la compréhension de mon coup de barre psychologique : c'est la lutte contre mes délires, principalement de mort, et mes angoisses qui me fatiguent considérablement au niveau de mes défenses et me rendent plus vulnérable ! Ainsi, les bonnes nouvelles qui arrivent au sujet de la maison (une date de signature est sur le point d'être fixée) et le fait que ma femme s'occupe de tout on tendance à me soulager, mais je sens bien qu'au fond, je stress à l'idée de ces changements !

lundi 4 juillet 2011

Quand le charme est tombé

Avant de me faire suivre dans le publique à notre arrivée dans le Lot, nous avons tenté de me faire suivre dans le privé. Là bas, il n'y avait pratiquement pas de choix et c'est pour ça qu'on a dû se rabattre vers le secteur publique.

Mais avant de s'y résoudre avec le bonheur que l'on sait, j'ai quand même essayé un psychologue libéral. Pour être franc, je ne le sentais pas pour des raisons trop complexes à expliquer et qui font partie de l'alchimie des compatibilités d'humeur. Sauf une toute simple : c'est lorsque je l'ai vu sortir un cahier d'écolier avec son quadrillage typique pour prendre ses notes. Un vrai psy n'en prend pas durant l'entretient, il note tout dans sa mémoire pour ne pas avoir à se compromettre en cas de demande de dossier médical de la part de son patient, ou s'il le fait, c'est après.

Mais même s'il le fait pendant l'entretient, il ne se rabaisse pas à le faire sur un cahier d'écolier mais au pire sur du quadrillage géométrique et de préférence sur des feuilles blanches à l'encre noir comme on l'apprend à la fac ! Sinon, ça fait trop scolaire et incapable d'écrire droit, ce qui n'est pas très rassurant de la part de quelqu'un censé nous aider à retrouver la ligne droite de la réalité...

Fin de l'atelier journalisme

Bon, c'est acquis, je vais changer d'atelier à l'Hôpital de Jour, et passer du journalisme au théâtre. C'est un changement que j'avais demandé il y a quelques semaines parce que j'avais l'impression que je ne me mettais pas assez en danger en journalisme et contrairement au théâtre où je devrais puiser plus dans mes ressources pour y participer.

En effet, en journalisme on ne faisait jamais que tout ce que j'ai toujours fait à la fac, c'est à dire des recherches bibliographiques ou sur le terrain puis de la rédaction et de la mise en page sur du traitement de texte, bref, des choses que je maîtrisais parfaitement bien, à tel point que j'étais le plus souvent à aider les autres que je laissais travailler au front. Au final, j'avais tendance à m'y ennuyer.

Les infirmiers faisant donc ce constat en même temps que moi, il était temps de changer d'atelier. Le plus évident, était celui sur le théâtre. En fait, il avait été évoqué dès le début mais pour des raisons de place, ça n'avait été possible. Il fallait attendre qu'une place se libère et que les infirmiers soient sûrs qu'il y ait adéquation entre moi et l'atelier parce qu'il est très demandé et qu'ils ne peuvent pas se permettre de donner la place à quelqu'un à qui l'atelier n'apporterait rien. Maintenant qu'ils me connaissent mieux et que j'ai l'appuie de ma psychologue, les dernières obstacles étaient levés !

En fait, on n'a pas encore décidé quand je vais commencer : il est question qu'un journaliste de la presse locale vienne nous rencontrer pour parler de l'atelier journalisme et ils ont pensé -avec raison !- que ça me plairait d'être là. C'est donc dans quinze jours. Et puis après, je risque de partir en vacances et j'aimerais qu'il n'y ait pas trop de discontinuité au début de l'atelier, histoire de me mettre plus facilement dans le bain...

...alors on verra !

PS : j'adore l'atelier écriture du lundi et sa responsable ne tarit pas d'éloge sur nos textes...

vendredi 1 juillet 2011

Lettre à un cousin

Mon cher cousin,

J'ai bien reçus ta dernière circulaire. Au début je me suis étonné de la voir si vite arriver alors que l'encre de la précédente avait à peine eu le temps de la sécher puis en la lisant, j'ai finis par comprendre. Ce n'était pas à cause de ta rubrique nécrologique (les morts ont tout leur temps !) que tu nous l'envoyais mais à cause d'un autre raison autrement plus grave et que tu avais pris soin de dissimuler au milieu de ta missive.

Mon cher cousin, je ne peux que compatir à ton malheur. Un frère ou une sœur, c'est fait pour te soutenir, pas t'enfoncer et le comportement du tiens est inexcusable. J'ai moi-même un frère et une sœur, et nos relations ont souvent été tendues durant  notre enfance, le plus souvent pour des raisons de "territoire" et "d'espace vital". Maintenant que nous sommes adultes, nos disputes se font d'autant plus rares que l'éloignement géographique nous empêche de nous voir aussi souvent que nous le voudrions. Bon, c'est vrai que j'ai plus souvent au téléphone ma sœur que mon frère qui est beaucoup plus mal à l'aise qu'elle à l'oral. Mais au moins on se respecte...

Ce "on se respecte" est très important pour moi parce qu'on fait passer nos relations familiales avant nos rancœurs. Ainsi, je ne les ai jamais entendus, eux et ma famille élargie aux oncles, tantes et cousins, me critiquer sur ma maladie ou donner des signes de mépris à cause d'elle. Ils l'acceptent, c'est tout. J'ai même acquis une certaine légitimité à leurs yeux vis à vis de la photo, acceptant que je puisse dépenser plusieurs milliers d'euros dans du matériel photo, pourvu que ça ne me mette pas sur la paille... c'est tout ce qu'ils demandent !

Aussi je comprends le dégout que ton frère provoque chez toi. Dire que c'est le parrain de ma sœur ! Si elle le savait, je ne sais pas si elle ne le destituerai pas de son rôle... Dis-toi simplement que des gens intolérants et qui n'ont rien compris à la maladie, on en rencontre partout y compris parfois dans nos familles !

Je suis désolé pour toi,

Amicalement,

Gosseyn