dimanche 29 janvier 2012

Ecrire et photographier...

Écrire et photographier, voilà ma seule planche de salut en ce bas monde, en dehors bien entendu de l'amour de mes proches. Mais je les sens tellement impuissants lorsque je vois se refléter dans leurs yeux ma détresse que je me dis que la force qui me sortira de l'eau ne peut venir que de moi. Peut-être seulement après, dans le canot de sauvetage peuvent-ils intervenir ?

Toujours est il que j'ai l'impression que ma seule planche de salut vient de l'art. L'art peut sauver le monde, alors pourquoi pas un homme ? Ma plus grande crainte après ma mort, c'est de mourir une seconde fois d'oublie. Je n'ai pas d'enfants, et je n'en n'aurais sans doute pas. Donc personne pour raconter des anecdotes sur moi après la fin de mes parents, de mon frère et de ma sœur, de ma femme, des autres.

Restent les traces de mon passage sur Terre, à savoir ce que j'écris, ce que je photographie derrière mon pentaprisme. Hormis la très probable faiblesse de mon travail, -ce n'est pas parce que le maire de ma ville s'intéresse à certaines de mes photos que je deviendrais célèbre- il y a un jeu de versions de l'histoire qui prend place : ainsi, si j'ai envie de dire que ma sœur est méchante, si elle ne donne pas sa version des faits, c'est la mienne qui l'emportera !

Mais la finalité de l'écriture et de la photo ne tient pas non plus seulement dans la trace qu'ils laissent : tout ça c'est bon pour les personnes valides, qui vont au travail et ramènent un salaire ! Oui, elle tient aussi dans son exercice même ! Ainsi, la pratique de l'écriture et de la photographie pour moi constituent un semblant de travail qui me donnent le sentiment d'avoir fait quelque chose d'utile quelque part !

Et puis pour finir, je rapporterai ce compliment que nous répète souvent notre infirmière qui dirige l'atelier d'écriture, et qui est à chaque fois en admiration devant notre capacité à nous en sortir de ses exercices. Cela pourrait être condescendant si je n'avais jamais vu la moindre stagiaire, dont on ne peut pas mettre en cause la santé mentale, réussir à nous suivre. Elles ne survivent même pas au premier acrostiche...

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