mercredi 22 février 2012

Frustration d'être malade

Comment dire que tout va bien alors que je me sens de plus en plus mal ? Hier on s'est disputés avec Hélène pour des raisons de priorités budgétaires dont je vous ai donné des échos dans ma dernière chronique.

Le fait est que je souffre de plus en plus de ma maladie. Non pas qu'elle ait redoublé d'intensité, bien au contraire, puisque sur certains points je semble avoir fait des progrès. Mais c'est justement ceux-ci qui me rendent plus lucide sur elle, et donc me rendent plus vulnérable à la frustration de ne pas être une personne valide, d'autant plus que je suis condamné à l'alternative pauvre / personne à charge, que je ressent comme une immense injustice !

Aussi ai-je tendance à me réfugier dans l'écoute de la musique, la lecture lorsque je m'en sens capable ou la photo, d'où mes rafles chez Total Heaven, la lecture intensive de presse en attendant de pouvoir me remettre aux livres, et la recherche d'équipement photo comme le trépied voire l'objectif macro que je me réserve pour plus tard...

Ce sont les trois choses matérielles qui m'aident à compenser ma maladie. Bien sûr, il y en a d'autres plus humaines comme ma femme qui me soutient en vivant avec moi malgré mes symptômes négatifs qui ne sont pas toujours faciles à vivre. Il y a aussi ma famille qui semble m'aimer malgré leurs maladresses dans la compréhension de ma pathologie, ainsi que nos animaux de compagnie. Je lisais récemment sur une fiche technique de la race de mon chien qu'il était utilisé dans les thérapies sociales avec par exemple les enfants ou les détenus...

J'aime bien cette analogie avec les détenus : non seulement de nombreux détenus sont psychotiques et ont plus leur place dans les hôpitaux, mais en plus de nombreux psychotiques sont détenus dans leur maladie comme si on ne pouvait pas en réchapper !

Moi, je me sens doublement détenu dans ma maladie : d'une part médicalement, d'autre part socialement. Ce qui est évident pour les autres dans la vie courante ne l'est pas pour moi, et ce qui l'est pour moi passe pour une aberration pour eux ! Et le voir peut paraître parfois pire que de ne pas s'en rendre compte parce que ça redouble la souffrance sociale !

Tout cela me ramène donc à ma triste condition de psychotique mal stabilisé et qui doit faire face aux inerties du monde médical pour évaluer la pertinence d'un traitement ou simplement parler en entretien psychothérapeutique...

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