J'ai beau ne plus pratiquer, ce n'est pas une raison pour le plus m'intéresser à l’Église, l'ensemble des fidèles, à ne pas confondre avec "l'église", le bâtiment.
Il m'arrive en effet de repenser de temps en temps aux différents prêtres qui ont officié dans notre petite paroisse du sud-ouest de la France. J'y repense avec affection, et j'ai même eu envie de me marier avec l'un d'entre eux, mais ma femme s'y est opposée parce qu'elle le sentait mal, et c'est donc gêne que j'ai changé pour un prêtre de la paroisse où nous nous sommes mariés.
Je crois aussi que même si j'étais resté un fervent catholique, j'aurais cessé d'aller à la messe parce qu'après mon départ, ma paroisse, suite à la pénurie de vocations et in fine de prêtres a connu une succession d'agglomérations et de concentrations vertigineuses qui ont dilué les fidèles dans des paroisses allant au delà des limites des cantons.
Et c'est là le problème : faire beaucoup de Km chaque dimanche ou chaque samedi pour aller à la messe, passe. Surtout si ça permet de voir de vieilles pierres dans lesquelles sont célébrés ces offices. Mais perdre un lien privilégié avec son prêtre... non. Parce que pour moi, un prêtre doit être plus qu'un simple "diseur de messe". Il doit être aussi un directeur de conscience, un guide de foi, et presque ami personnel. Je le dis sans gêne parce que jusqu'aux derniers valables, ma famille entretenait des relations privilégiées avec notre curé (oui, je dis bien curé), les invitant régulièrement à déjeuner ou simplement visitant les malades de la maison.
C'est comme ça que je vois le rôle du prêtre : une sorte de médecin des âmes, qui aident chacun à s'épanouir dans sa foi, voire se prendre pour un psy, vu que les psys ont tendance parfois à se prendre pour Dieux. Mais pour ça, il faut qu'il puisse bien connaître ses paroissiens, qu'il passe du temps avec eux, leur fasse le catéchisme, les marie... et les enterre ! Personnellement, j'aurais beaucoup de mal à me faire enterrer par quelqu'un qui ne m'aurait pas connu de mon vivant et lirait un éloge funèbre dicté par mes proches !
Or, un prêtre ne peut pas le faire si sa paroisse recouvre des centaines voire des milliers de fidèles... Comment peut-il alors se consacrer à sa mission, aux âmes ?
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