mardi 6 décembre 2011

Toujours se méfier de...

Dans la série : "il faut toujours se méfier de...", je vous présente celui qui affirme que sa photo n'a pas été retouchée, surtout si son originale est en JPG. En effet, c'est un ignare ! Préférez-lui celui qui vous dit : "c'est une brut de RAW"... lui au moins sait de quoi il parle et on peut être sûr que dans son cas sa photo n'a pas été retouchée du tout.

Les plus avertis le savent, lorsqu'une photo est prise par un appareil photo numérique, elle n'est pas exploitable directement. Il faut qu'elle soit traitée par un logiciel, soit directement dans l'appareil, ce qui donne généralement un JPG, soit manuellement par le photographe dans un logiciel dédié avant de l'exporter dans un format plus universel, donc soit du JPG soit du TIFF ou tout autre format adapté à ses besoins.

Pour mieux vous faire comprendre l'importance de ce travail, on peut faire une analogie avec le pétrole. Le pétrole brut, c'est l'image qui se forme sur le capteur, et de la même manière qu'avant de le mettre dans la voiture il faut le raffiner pour en faire au choix de l'essence ou du gasoil ou même du kérosène ainsi que tous ses sous produits, il faut raffiner l'image "brut de capteur" pour la rendre lisible par la plupart des logiciels et imprimable. C'est ce que je fais manuellement avec Lightroom, mais ce n'est pas le seul, Apperture le fait aussi, mais uniquement sur les macs. Pour ceux qui utilisent Photoshop, il est intégré dans les versions les plus récentes sous le nom de Camera Raw qui est en fait un clone de Lightroom puisqu'ils sont développés par le même éditeur Adobe.

Toujours est-il que ces opérations de dématriçage peuvent, ou non, être assimilées à de la retouche parce que l'on édite une image brouillonne (que l'on appelle RAW mais qui couvre une infinité de formats constructeurs incompatibles entre eux) pour en faire une image fini à un instant T parce qu'on peut toujours revenir dessus, raison pour laquelle j'ai adopté LR, tout comme le fait un éditeur avec le manuscrit de son écrivain, en mettant en forme le texte, déplaçant qui une virgule, qui un paragraphe, voire un saut de page... Cela permet un travail approfondis sur la matière visuelle que constitue l'image, à l'image du texte.

Et le JPG, alors ? L'image qui sort de l'appareil photo directement dans ce format a connu le même sort que celui que j'ai administré à mon RAW dans l'autre paragraphe sauf que là tout s'est fait automatiquement et de manière différente d'un boîtier à l'autre avec une moins grande latitude de retouches qu'en RAW. C'est un peu comme si on avait confié la correction de l'orthographe à Word et qu'on ne pouvait plus revenir sur certaines de ses corrections faute de souplesse logicielle. Autrement dit, la correction a déjà été faite et on ne peut plus revenir dessus, ce qui est bien entendu dommage...

Et comme ces retouches sont automatiques, personne ne les voit, et les gens pensent que leurs JPG sont brut et "sans retouches" ! Pour que ce soit vrai, il faudrait exporter directement son RAW à la sortie de la carte mémoire, et encore, il paraît que même certains constructeurs leur appliquent des corrections automatiques minimes...

De toute façon, la photo n'étant que subjectivité, je vois mal comment on pourrait délégitimer ce que certains appellent "retouche" d'autres "postproduction" ou "édition" mais ça, c'est un autre débat !

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