Je reproduis ici le contenu d'un mail que j'ai envoyé à une amie qui recherchait des témoignages sur la façon dont la passion pour la photographie était vue par les proches des-dits photographes. Il servira de matière à un article qu'elle publiera dans le magasine photo gratuit sur Internet qu'elle dirige. J'ai pensé intéressant de vous le faire partager. Si j'ai le courage, je vous donnerai un témoignage donnant mon point de vue sur mon parcours photo. Mais là, je ne m'en suis tenu qu'à ce que je savais de ce que pensaient mes proches de ma passion, comme demandé dans l'appel à témoignages...
Tout d'abord, ma famille a mis très longtemps avant de prendre au sérieux mon intérêt pour la photo, ce qui fait que j'ai eu mon premier appareil très tard par rapport à certains membres de ma famille, soit à la fin de mes études contre au début de l'adolescence pour mon frère et ma sœur. Et les rares photos que j'ai faites en empruntant le leur n'ont pas encouragé mes parents à m'offrir mon premier appareil.
Quand le l'ai enfin eu, s'est soulevé un autre problème : celui du consommable. En effet, j'ai arrêté mes études faute d'avoir obtenu de bourse de troisième cycle et je ne pouvait pas encore prétendre au RMI. C'étaient donc mes parents qui me finançaient et comme beaucoup d'agriculteurs ils n'étaient pas riches. Ils trouvaient ainsi que je consommait trop de pellicule et que je leur coûtait un peu trop cher en développement et tirage.
Lorsque je suis revenus à Bordeaux pour m'y installer et me mettre en ménage, les choses on commencé à changer : j'étais plus loin de mes parents et de leurs remontrances, et donc plus libre de faire de la photo comme je voulais et ça ne gênait pas ma futur femme. Je continuais à progresser grâce à un club photo et je commençais à devenir moins nul, et mes photos plus montrables.
Le virage du numérique ne leur a pas paru comme une évidence : tous voyaient le prix exorbitant d'un reflex numérique à l'époque mais pas les économies de pellicule, développement et tirage que cela impliquait. J'ai quand même réussis à l'obtenir en l'inscrivant dans ma liste de mariage... Et puis lorsque je l'ai enfin eu, l'évidence leur a sauté aux yeux : ben oui, un reflex numérique est bien plus économique sur la durée que son équivalent argentique, exception faite de l'obsolescence programmée...
Ce qui a beaucoup changé aussi, ce sont mes premières expositions, ventes et articles de presse locale encouragées par ma femme : là, ils ont commencé à me prendre au sérieux et à me considérer comme un bon photographe, même si parfois il fallait leur forcer la main pour obtenir un petit compliment. Mais c'est à ce moment là que ma femme qui ne m'a jamais entravé a commencé à prendre une part de plus en plus active dans ma promotion : les expos, le site Internet, c'est elle. Le boîtier à 3000€ aussi : je suis tombé des nues lorsqu'elle m' a expliqué que je pouvais mettre autant dedans. A l'époque, je visais moitié moins pour le renouvellement de mon matériel !
Maintenant que je suis autonome, ma famille me pose moins de problèmes. Je suis un peu devenu le photographe officiel de la famille, comme ainsi à l'occasion du centenaire de ma Grand-Mère dont je suis le seul à avoir pris des photos, notamment grâce à mon nouveau matériel à 3000€...
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