Donc hier j'ai étrenné ma nouvelle débroussailleuse. J'aime bien de vocable "d'étrenner" parce qu'elle a couté à ma belle-mère autant qu'un cadeau de Noël, et que c'était donc un peu Noël pour moi, une telle fête pour moi au point que j'aurais envie d'en faire des poèmes néoréalistes soviétiques... que je vous épargnerai !
Le fait est que j'avais besoin de prouver que je n'avais pas fait des pieds et des mains dans le but de l'avoir pour rien. C'est donc après avoir connu des problèmes de faux contacts avec l'alimentation de mes enceintes pour iPod et iPhone, et après être ressortis très insatisfait d'une tentative de séance de prise de vue en extérieur au trépied que je me suis lancé dans une séance de fauchage à la débroussailleuse. La mention de ces deux échecs précédents est importante à noter, parce que je ne voulais pas terminer ma journée sur ces deux constats décevants. Il fallait donc que je passe la débroussailleuse, sachant que la météo risquait d'être défavorable les jours suivants...
Je me suis donc équipé et j'ai démarré l'engin. La suite (démarrage compris) n'a été qu'un jeu d'enfant. Je me suis régalé à faucher l'herbe pas seulement sur les bordures mais dans des zones que je ne veux pas refaire à la tondeuse, et le tout sans perte de temps significatif. Par contre, l'engin était beaucoup moins lourd que ceux de mon père et que la tondeuse, ce qui fait que mon dos n'a pratiquement pas souffert. J'en suis donc ressortis bien moins avarié que si j'avais tondus cette parcelle de l'autre manière...
Tout ça pour vous dire que je suis fier de moi (si vous ne l'avez pas encore remarqué, c'est que vous êtes autiste) de l'avoir passé tout seul comme un grand et sans être encadré par un parent ou un ami mais aussi parce que j'ai eu le sentiment de m'approprier le jardin. C'était en quelque sorte une condition non-écrite du contrat d'entretien de celui-ci parce que j'estime (d'autres diront "décrète") qu'un parc planté de massifs de fleurs et d'arbres fruitiers ou non, s'entretient avec deux instruments essentiels : une tondeuse et une débroussailleuse. La tondeuse, on l'avait héritée de l'ancienne propriétaire. Elle est très bien (on ne va pas chipoter vu ce qu'elle nous coûté, c'est à dire rien ) mais un peu lourde et pas très maniable. Je ne pouvais donc me passer du second instrument pour les finitions.
En la passant hier, j'ai donc démontré que d'une part ce n'était pas un caprice (heureusement à ce prix) et qu'elle était bel et bien complémentaire de la tondeuse. Mais tout ce baratin serait vain si je ne disais pas l'essentiel : c'est que par cet acte je prends soin de mon jardin, l'entretient et l'investis ! C'est très important parce que le négliger et le laisser en friche aurait été un très mauvais signe envoyé à mes proches et mes soignants qui voient tout, et accessoirement déprécierait la maison.
Ce n'est pas facile d'entretenir un parc quand on toujours vécu dans un appartement depuis qu'on a quitté je jardin familiale. Dans ce dernier, on est toujours encadré par des adultes et l'initiative vient principalement d'eux. En m'occupent du parc, je prends donc acte que je suis l'un d'entre eux et que le jardin a le même statut que les enfants et les animaux de compagnie, c'est à dire qu'ils sont sous ma responsabilité... pour le meilleur et pour le pire !
Après m'être donc attaché au gros œuvre motorisé, il me reste donc à apprivoiser le petit œuvre, c'est à dire les petites plantations de fleurs ou d'arbres fruitiers, en passant par les framboisiers et les fraisiers. Heureusement, pour ça j'ai le livre que m'a offert ma sœur à Noël dernier sur lequel j'ai appris par exemple que les fraisiers se plantaient à l'automne pour compléter ceux qu'on a déjà.
C'est plus difficile que de passer la tondeuse ou la débroussailleuse mais c'est aussi gratifiant et je ne désespère pas d'atteindre ce stade ! Ainsi, ce jardin me servira de véritable thérapie, d'où le titre de cet article... :-)
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