jeudi 7 juin 2012

Homme au foyer ou employé en milieu protégé ?

Ma femme rêve que je travaille dans un Esat, c'est à dire dans centre pour travailleurs handicapés comme moi. Pas moi. Moi, je rêve de gagner mon argent de poche en me consacrant à l'entretient de la maison que nous habitons, en commençant par faire la cuisine, le ménage, puis en terminant par le jardin et la lessive.

Chaque proposition a ses avantages et ses inconvénients. La première a pour elle le fait de ramener un vrai salaire et de me donner un statut social. Par contre, ce travail est fatiguant, peu gratifiant quoique, et m'éloignerait de mon home sweet home. La seconde est tout l'inverse : pas de salaire, pas de statut social, un encouragement à l'oisiveté et le manque de sorties de ma tour d'ivoire. Pourtant pour moi, ce sont les avantages qui l'emportent, à savoir le plaisir de vivre dans une maison et de son jardin bien entretenus en y mettant le temps et une vie à mon propre rythme, sans oublier le côté thérapeutique qu'a cette forme de vie déjà évoquée il y a quelques jours...

Hélène me chauffe parfois les oreilles, elle et les autres, à vouloir absolument que je travail malgré mon handicap alors que même en milieu protégé c'est aussi difficile pour des raisons propres et différentes qu'en milieu ordinaire. J'en veux pour preuve l'histoire de son demi-frère également schizophrène... Ça ne me fait vraiment pas rêver et j'ai peur d'y perdre mon âme et ma créativité artistique qui même si ce n'est qu'un loisir, pèse plus lourd pour moi dans la balance de la reconnaissance qu'un emploi dans les anciens CAT ! Je préfère ainsi être artiste amateur que travailleur pour la façade sans faire illusion...

...sans compter les problèmes de logistique que cela implique ! Par exemple pour se rendre au centre de travail. Et puis si tous les deux travaillons, qui fera la cuisine et le ménage ? J'en fait une bonne partie, pas la totalité, mais ce que je fais soulage suffisamment Hélène pour qu'elle puisse se consacrer pleinement à son travail sans s'angoisser sur qui va passer l'aspirateur : si elle est trop fatiguée pour le faire, je ne discute pas trop (enfin...) et je le fais ! D'autre part, je n'aurais plus le temps de m'occuper du jardin alors que je m'y retrouve pleinement et que c'est pour moi une activité plus thérapeutique que de faire de la manutention façon usine d'un Esat !

Je ne connais pas tous les avis de mes soignants à ce sujet mais je crois que mon infirmier du CMP est plutôt dans mon camp...

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